« Et si ce n'était pas les civilisations les plus raffinées mais les plus féroces qui avaient laissé leurs marques dans l'histoire humaine ?
A bien y regarder, les cultures disparues n'ont pas été forcément les moins évoluées. Il suffit parfois d'un chef naïvement abusé par les promesses de paix de ses adversaires ou d'aléas météorologiques bouleversant le cours d'une bataille pour que bascule le destin de tout un peuple. Les historiens des vainqueurs réécrivent ensuite à leur guise le passé des perdants afin de justifier leur anéantissement. Pour effacer tout scrupule aux générations ultérieures, la formule « Malheur aux vaincus » clôt le débat. Et Darwin a même trouvé une légitimation à ces massacres avec la « sélection naturelle » et sa théorie de la « survivance des plus aptes ».
Ainsi s'est créée l'histoire des humains de la Terre, sur des charniers et des traîtrises oubliés.
Qui a vu ?
Qui sait vraiment ?
Je n'ai trouvé qu'une réponse : « le » ou « les » dieux, condition bien sûr qu' « il » ou « ils » existe(nt).
J'ai tenté d'imaginer ces témoins discrets. Des dieux scrutant une humanité grouillante à la manière d'entomologistes observant des fourmis.
Si des dieux existent, quelle a été leur éducation ?
Tout évolue. Comment sont-ils passés de la jeunesse à l'âge mûr ? Comment interviennent-ils ? Pourquoi les intéressons-nous ?
J'ai cherché des réponses dans les livres sacrés, du Livre des morts tibétain au Livre des morts égyptien, en passant par le chamanisme ou les grandes cosmogonies des peuples des cinq continents. Ils donnent des informations qui ne se contredisent que très rarement. Comme s'il existait une perception collective de la dimension qui nous dépasse et des règles du jeu cosmique.
Philosophie et science ont toujours été opposées, mais pour moi elles se rejoignent dans ce qu'on pourrait nommer la « spiritualité laïque ». Là, ce qui importe, ce sont les questions plus que les réponses.
Pour le reste, j'ai laissé libre cours à mon imagination.
A mes yeux, Nous, les dieux constitue la prolongation naturelle des Thanatonautes et de l'Empire des anges. Après la conquête du Paradis et la découverte du monde angélique, il était logique que le niveau d'évolution supérieur soit précisément celui des dieux...
C'est pourquoi Michael Pinson, ainsi que son étrange ami Raoul Razorback, Freddy Meyer, Marilyn Monroe, tous les ex-thanatonautes-ex-anges, réunis sous le slogan « L'amour pour épée, l'humour pour bouclier » sont ici de retour. Je me suis laissé emporter dans ce monde imaginaire comme dans un rêve éveillé. La nuit je continuais à revivre certaines scènes.
[...]
Alors peut-être vous posez-vous la question vous aussi : « Et moi, si j'étais à la place de Dieu, je ferais quoi ? » »
Avant propos de Bernard Werber, auteur de la trilogie Nous les dieux : L'île des sortilèges, Le souffle de l'histoire, Le dernier mystère.
Avant de lire ce qui suit, je préfère vous prévenir que ce qui suit est mon avis personnel sur le livre et un peu l'auteur. Je n'ai pas la prétention de l'appeler critique littéraire ou autre titre pompeux et je précise que je respecte totalement le travail de l'auteur, que je ne juge pas dans son statut d'homme mais sur lequel je donne mon point de vue en tant que lectrice.
Je viens de lire les deux premiers tomes de cette trilogie. J'avais déjà lu des livres de cet auteur. Il est assez facile à lire je trouve, un peu comme Marc Levy, mais dans un genre différent. Là on est carrément dans l'imaginaire, avec des personnages principaux humains. Et quand je dis humains, ça n'est pas seulement leur race d'origine, c'est aussi leur caractère et leurs réflexions qui nous les rendent proches. J'apprécie beaucoup le raisonnement du héros principal, Michael Pinson, de qui je me sens parfois semblable, notamment dans sa question récurrente « Mais qu'est ce que je fais là ? ». Et puis leur cri de guerre « L'amour comme épée, l'humour comme bouclier », c'est pas mal je trouve...
C'est vrai que, à chaque fois que je commence l'un de ses livres, je le dévore et le finis en 2 jours. Parce que les histoires sont souvent prenantes. Mais je me rends compte aujourd'hui qu'une fois habitué au style de l'auteur, on devine la suite assez facilement. Mais ce que j'apprécie surtout ce sont les notes de culture sur l'histoire, la mythologie, la science, la vie. Elles sont très diverses, parfois inattendues mais toujours très intéressantes. Je regrette cependant de trop percevoir parfois le point de vue de l'auteur. Non, je devrais formuler ça autrement. L'auteur ne met pas de bibliographie, permettant de savoir d'où viennent toutes ses connaissances (hormis Le livre des morts tibétain et égyptien, cité en intro), surtout si on voudrait approfondir certains sujets, sans se perdre dans un tas de bouquins bien compliqués et rébarbatifs trouvés au hasard chez La Fnac. Or il me semble apercevoir à certains moments le point de vue de l'auteur. Une bibliographie permettrait de faire le tri entre l'objectif et le subjectif de l'écrivain. De toute façon, dans le roman en lui-même, on perçoit très nettement son positionnement par rapport à de nombreux sujets. Mais ça me semble logique, on retrouve ça chez de nombreux auteurs. Après, on apprécie ou non.
Quoiqu'il en soit, Bernard Werber est un auteur à l'imagination bien active, en dehors du fait qu'il a une culture immense. Il arrive à bien jongler entre l'histoire des héros, l'histoire des peuples des héros, l'histoire des protégés terriens du héros, l'histoire des dieux, et les « épisodes de culture ». Si vous n'avez pas lu les romans, vous devez vous dire qu'il y a bien beaucoup de choses dans ce roman, et vous n'avez pas tort, mais justement il n'y a pas de longueurs ou autre, le livre est bien équilibré entre toutes ces parties, ce qui ne doit pas être facile à faire à mon avis.
L'auteur reprend pas mal de clichés aussi. A part la mythologie bien sûr. Parfois c'est pas terrible je trouve mais enfin...
Malgré ces quelques reproches, je vous conseille de lire un de ses livres un jour si vous en avez l'occasion. L'encyclopédie du savoir relatif et absolue est très intéressante, ce n'est pas un roman mais elle donne matière à beaucoup de nombreuses réflexion.
Et dites-moi ce que vous en pensez ?