Dimanche 15 Juin 2008
Les choix de la vie
Par Papillon ailes de papillon, Dimanche 15 Juin 2008 à 08:00 GMT+2 dans Le papillon philosophe
"Ai-je choisi ma vie, ou me suis-je laissé mener par les circonstances, les décisions des autres ?". "Ceux qui ont tranché fortement un jour ne sont-ils pas plus forts ? - pas forcément plus heureux mais plus forts ? Comme si une sorte de "baptême du choix" les rendait moins sujets aux dérives, aux compromissions, à l'amollissement du caractère..."
C'est sur ce thème qu'Anny Duperey a bâti Une soirée. Quand ils étaient tous les trois étudiants en médecine, à cette époque de libération des mœurs et des esprits où l'on pouvait vivre ses utopies, Denis et Romain on aimé Florence sans jalousie entre eux, et Florence les a aimés l'un et l'autre. Romain a quitté la France. Denis et Florence se sont mariés. Les années ont passé, douces et harmonieuses. Lors d'une soirée chez des amis, Romain reparaît. Il revient d'Afrique, mais c'est du passé qu'il semble surgir. Il aime toujours Florence. Que va-t-elle faire ? Rien de ce qu'on croit. Car elle prend conscience, en une soirée, que jusqu'alors elle n'a rien décidé dans son existence. Elle a consenti, elle n'a pas choisi. Cela lui semble tout à coup insupportable. Anny Duperey raconte avec autant d'acuité le parcours de Florence que ce qu'il advient de Denis et de Romain. Chaque lecteur, qu'il soit femme ou homme, trouvera des échos de lui-même dans ce roman émouvant, inattendu comme est la vie, souvent drôle, toujours généreux.

J’aime bien la façon d’écrire d’Anny Duperey. Elle a un style sobre et simple, accessible à tous. Et le thème de cette histoire peut trouver une résonance en chacun de nous il me semble. En tout cas chez moi ce sujet trouve une résonance très particulière. Savoir si c’est moi qui choisis et maîtrise ma vie ou non est un petit peu mon combat de tous les jours. Ma grande angoisse surtout !
J’ai très peur en effet de me rendre compte un jour que je n’ai jamais réellement décidé de ce que j’allais faire de ma vie, et que je me suis seulement laissée aller en fonction des évènements. Que je me suis contentée d’accepter ou de refuser ce qui ce passait autour de moi ou dans ma vie, sans avoir un rôle concret. J’ai besoin d’avoir un sentiment de contrôle : savoir que c’est moi qui ait choisi de faire telle ou telle chose.
J’ai commencé à m’en rendre compte en fin de seconde, au lycée. Tout et tout le monde me prédestinait à faire un bac littéraire et c’est vrai que ça correspondait complètement à mon profil. Depuis la 6ème on me disait que j’étais douée pour les matières littéraires, j’adorais le français et j’aime toujours autant écrire ! Et pourtant j’avais le sentiment d’être enfermée dans ce rôle, de ne pas avoir d’autre choix que de le jouer… Alors j’ai dit non, et j’ai monté mon dossier pour intégrer une première SMS ! Ça semble un peu bête mais c’était énorme pour moi : j’avais imposé mon choix à toute ma famille, du coup je n’allais pas dans le lycée de la ville où mes sœurs étaient allées.
Je ne vais pas dire que c’est un sujet auquel je pense tous les jours, mais il me revient régulièrement en tête au moment de prendre des décisions. Pourtant je suis consciente que l’on choisit bien peu de choses dans sa vie : nos amis sont plus souvent les personnes que l’on rencontre au gré du hasard plutôt que des personnes que l’on choisit, le primat des évènements de la vie sur nos décisions est forcément prépondérant…
Cette obsession est très paradoxale chez moi et j’en conviens parfaitement : je ne crois pas du tout au hasard et je suis persuadée que d’une certaine manière ce qu’il se passe dans nos vies doit arriver afin que nous puissions évoluer (Cf. le bouddhisme en général, et le livre Etre l’auteur de sa vie, de M-J. Noël). Parfois sans s’en rendre compte on choisit certains éléments de notre vie en réalisant certains schémas inconscients…
Finalement en écrivant sur ce thème, je ‘attaque à un sujet énorme et sans fin, parce que vous pouvez aussi me renvoyer toutes les études qui ont été faites pour montrer que nous sommes en partie conditionnés par le milieu dans lequel nous avons grandi et celui dans lequel nous évoluons… L’éducation de nos parents joue un rôle très important, puis nos rencontres, etc., nous SOMMES donc le résultat de ce que nous ne choisissons pas !
Enfin bon, on est d’accord, c’est quand même bien plus complexe que ça… mais pour recentrer un peu ce billet, au début je voulais seulement parler du bouquin que j’ai lu ! L’histoire est bien résumée en haut et je ne vais pas vous dévoiler la fin, qui est d’ailleurs très bien, différente de celle que l’on attend et heureusement pas celle que l’on redoute, mais je trouve que le livre fait bien réfléchir sur le chemin de notre vie : le choisissons-nous ou nous contentons-nous de l’accepter ? Et peut-être que la question à ajouter est : si nous nous contentons de l’accepter, est-ce une mauvaise chose ? une solution de facilité ? ou bien est-ce un choix à part entière ?
Personnellement, j’ai toujours admiré les personnes qui un jour dans leur vie, réalisent un virage à 180°… parce qu’il me semble que ce genre de situation ne peut résulter que d’un choix réfléchi et surtout d’un caractère fort ! J’aimerais bien faire partie de ces personnes un jour…
Et vous qu’en pensez-vous ? quelles sont vos motivations pour prendre les grandes décisions de votre vie ? Avez-vous déjà réfléchi à tout ça ? (Non ceci n'est pas une interro de philo, vous n'avez pas de note à la fin !)

dommage) pour devenir, pourquoi pas, un ange gardien. Et même après cet état il est possible d'évoluer vers autre chose. Donc au fond, nos points de vue se retrouvent. Mais à mon jeune âge il est certainement présomptueux de vouloir trop comprendre...




