Ailes de Papillon

Le monstre qui sommeille en moi.

 

Ce week end, mes parents sont partis voir de la famille dans la région parisienne.
Lorsque mon frère, mes soeurs et moi étions plus jeunes, nous allions fêter le jour de l'An chez eux. Mais maintenant c'est plus compliqué : nous avons chacun nos emplois du temps, nos sorties, etc. Alors depuis 2 ans, mes parents y vont seuls (en amoureux, sans les mômes !!) et nous nous retrouvons tous seulement l'été.

Je me faisais donc une joie d'être ce week end seule à la maison, avec Grande Soeur. Ah ! ne pas voir mes parents du week end... Ne pas entendre les permanentes inquiétudes de ma mère... être seule et en paix... Vraiment, je me réjouissais à l'idée de ces trois jours de tranquillité. Je m'étais même dit que je pourrais rattraper mon retard de travail pour le mémoire...

Râté.

Ce week end fut désastreux. Nul. Horrible.

Mes parents ne m'ont pas manqués. ça non. Mais j'avais oublié à quel point je ne m'entends pas avec ma soeur.
Je vous rassure, point de brisure d'os, point de gestes violents, point d'insultes hurlées à travers toute la maison.
Mais quel silence ! quelle ignorance ! et que de haine et de rage ravalées !

Lundi soir, j'étais au bord de l'implosion. Ou de l'explosion. Les deux, pour être exacte. Ce n'eut pas été beau à voir, et heureusement (aurais-je pu croire que je dirais ce mot !) mes parents sont rentrés à temps. Juste à temps.

Ma soeur, c'est ma soeur. Je me répète ces mots inlassablement depuis vendredi soir. Je ne vais donc pas vous décrire ici tous ses - ô combien nombreux ! - défauts. Parce qu'elle est de ma famille, que je vis en ce moment avec elle, que ce blog n'est pas là pour recevoir tous les reproches que je voudrais lui dire, et que les écrire ne ferait que raviver la haine ressentie ces derniers jours.

Mais vraiment, je n'exagère pas en parlant de haine et de dégoût.
Elle est incapable de s'occuper d'une maison.
Elle a 3 ans de plus que moi mais se comporte comme une gamine de 15 ans.
Elle a besoin de mon aval pour prendre n'importe quelle décision (y compris jeter une soupe périmée, c'est vous dire !)
Elle est vulgaire, insolente, fatigante, maladroite, bruyante...

Et voilà, me voici finalement en train de médire sur elle... c'est plus fort que moi ! Mais pendant 20 ans j'ai essayé de lui parler, de lui dire ce que je pense, de la reprendre sur ce qui me mets hors de moi, etc. Mais cette année, non, j'ai arrêté. Je n'en peux plus de répéter sans cesse la même chose, sur des points tout bêtes en plus (après le repas on essuie la table avec une éponge imbibée de produit, pas avec de l'essuie tout !), de lui demander de parler moins fort, de cesser de jurer pour oui pour un non...

 

Et à côté de ça, il y a la maison de mes parents.
Je ne la supporte plus.
Tout d'abord, parce que j'ai beaucoup de mauvais souvenirs dans cette  maison. Liés à mon enfance, et surtout mon adolescence.
Et puis parce qu'elle est très sale. Il y a des choses qui sont difficiles à dire. J'ai mis du temps à accepter ces mots. Et en les écrivant, je tiens à préciser qu'ils sont subjectifs. Ma famille n'est pas crado. Mais la maison familiale est assez sale, surtout la cuisine. Mes parents le sont aussi un peu. ça n'est pas quelque chose de visiblement physique. Si vous les croisiez dans la rue, vous les considéreriez commes des gens très bien. Mais au fond ils ne font pas du tout attention à l'hygiène. Ils se lavent tous les jours ce n'est pas le problème... En fait c'est difficile à expliquer... Et je me rends compte aussi que j'ai le reflexe, un peu bête, de les défendre. Comme si vous alliez me juger en fonction d'eux.

Mais les mots que j'écris sont difficiles pour moi.
Par ce que je ressens du dégoût pour eux et pour cette maison. Peut-être que c'est moi qui les vois comme sales finalement. Ce serait grave, non ? Quoiqu'il en soit, la maison est sale. Au quotidien, ça me dérange, mais je le gère. J'ai grandi dans cet environnement. Mais ce week end, je l'ai vécu et je l'ai subi. En cuisinant, en gérant la nourriture des chiens, en m'occupant du linge à laver, de la vaisselle, de tout en somme, j'ai réellement senti à quel point je me sentais mal face à tout ça. Alors j'ai passé pas mal de temps à nettoyer.

Mais le fond du problème, c'est de savoir que ma famille vit au sein de toute cette cradeur sans vraiment la voir. J'en ressens un profond mal être, du dégoût, il n'y a pas d'autre mot.
Du dégoût physique, mais mental aussi. J'ai du mal à gérer le contact physique, visuel même. Je ne supporte plus que ma soeur me touche, ou ma mère. J'ai du mal à les regarder parfois. Pour ma mère, je me force. Ma soeur... c'est trop fort. Pourtant, je vous l'ai dit, sur leur personne, ils sont corrects. Parfois l'orage éclate et j'ai droit à "tu ne m'aimes pas, tu refuses mon amour" etc. C'est vrai, je refuse son amour. Est-ce que je l'aime ?

Je me pose sérieusement la question. Et là, oui je sais, je passe pour un monstre.
A mes yeux aussi, surtout même, je suis un monstre.
Comment peut-on en arriver à ne pas aimer une partie de sa famille ?
Ma mère, je l'aime, mais elle me répugne.
Comment peut-on être dégoûtée ainsi de sa famille ?
En est-on pour autant un monstre ?
Est ce que j'ai le droit d'accepter ces sentiments ?

Je lutte contre. Mais mon corps me les rappelle. Tous les week ends, j'ai mal au coeur, j'ai des nausées, juste après les repas pris en famille. Toujours. Ma mère n'est certes pas très bonne cuisinière, mais quand même...

Lundi soir, lorsque mes parents sont rentrés, j'étais contente. Ils allaient reprendre leur train-train quotidien, et moi le mien. Et pourtant, pas d'effusion de ma part. Leur façon d'être, de me parler, de poser des questions... En moins de 10 minutes, j'avais la migraine. C'est dingue tout de même !
Ce matin, idem. Ma mère a essayé de me faire la causette un peu, et hop rebelotte, migraine ! A croire que mon corps s'était déshabitué à leur présence... Ce soir, j'ai été agréable, j'ai parlé, j'ai ri... mais c'était assez forcé. ça ne se voit pas, je suis bonne comédienne, croyez-moi. Mais il y a toujours de sentiment de mal-être en leur présence (mes parents ou ma soeur), de dégoût, d'envie de fuite...

Oui, j'ai envie de partir. Loin. Là, je souhaite plus que tout rentrer à Montpellier, dans mon appartement, mon chez-moi, ma cuisine nickel. C'est paradoxal, car souhaiter ce retour, c'est souhaiter la fin du stage et le recommencement des cours. Alors que je voudrais rester encore en stage...
Mais après mon diplôme, j'ai envie de partir loin. L'autre bout de la France sera à peine suffisant.
Je n'ai pas encore de projet défini. Je n'ai pas envie de quitter le sud de la France. Ou alors aller à Paris ? Ou bien faire l'IUFM ? ... C'est flou... Mais je sais que je veux m'éloigner, le plus possible !

Cet article, je le publie, mais il me fait mal. C'est probablement le plus personnel que j'ai écrit. Les mots que j'utilise me gênent... "dégoûter" "répugner" "fuir ma famille" ...
Comment puis-je parler ainsi de ma famille ?
Suis-je un monstre ?
Est-il possible de ne pas aimer ses proches ?

 

Suis-je un monstre ?

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Cookies au chocolat

 

Comme je vous l'avais dit, jeudi soir, c'était cookies !!

J'aime beaucoup cuisiner, même si je n'ai souvent pas le temps... et puis, entre nous, quand je suis seule à Montpellier, je manque un petit peu de motivation aussi... J'aime cuisiner, mais pour partager avec les autres !!

Je n'avais jamais fait encore de cookies, j'inaugurais donc une nouvelle recette... mission réussie !! (enfin, en partie...).

 Allez, je vous fait partager :

 

Cookies au chocolat

 

Ingrédients pour 4 personnes (20-25 cookies, selon la taille) :

  • 225g de farine
  • 75g de sucre
  • 2 oeufs
  • 1/2 sachet de levure
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 200g de chocolat pâtissier
  • 100g de beurre
  • 1 pincée de sel

Préparation :

1. Préchauffer le four à 180°C.

2. Concasser le chocolat en pépites. (A la râpe ou au couteau).

3. Faire fondre le beurre à feu doux.

4. Dans un saladier, casser les oeufs, ajouter le sucre et mélanger jusqu'à ce que le mélange forme un ruban.

5. Dans un autre saladier, mélanger la farine avec la levure, puis les ajouter au mélange oeuf-sucre. Ajouter le beurre fondu et le sucre vanillé. Mélanger jusqu'à l'obtention d'une pâte homogène.

6. Ajouter les pépites de chocolat et mélanger. La pâte obtenue doit être épaisse.

7. Sur une plaque de cuisson recouverte d'une feuille d epapier sulfurisé, faire des petites boulettes aplaties avec le mélange (en forme de cookies, je ne vous fais pas de dessin !). Les espacer de quelques centimètres.

8. Enfourner pendant 10 à 15 minutes.

C'est prêt !!

Ma première fournée était un peu grillée (oups, je l'avais oubliée...).
Par contre, la deuxième était parfaite ! héhé !
On retrouve bien la forme et le goût du cookies. Personnellement, la prochaine fois que j'en ferai, j'ai bien envie d'essayer de plus relever le goût... (j'adore tous les parfums bien prononcés).

Même si vous n'êtes pas douées en cuisine, cette recette est très facile à faire, alors régalez-vous !

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C'est grave Docteur ?

 

(Trop nul le titre, mais j'ai un peu la tête vide là)

Quoi de neuf in my life ?

Intense reflexion...

Pas grand chose en fait ! Enfin, pas grand chose d'intéressant...

 

Hier, une de mes profs est venue me voir (enfin, surtout ma tutrice) en stage, histoire de voir que tout se passe bien. Pas de problème sur ce point. Etudiante sérieuse, qui s'investit, motivée, bon profil pour le métier, pas trop de soucis à se faire pour l'examen. Quoique... Quoique ?

Oui, je me suis faite remonter les bretelles. Bien comme il faut. Pff...

Bon d'accord, je soupire, je râle et tout, mais enfin c'est un peu vrai, ma prof a raison. Quand il faut bosser, je bosse. Mais je suis un peu lente. Et systématiquement en retard dans mon travail personnel. Systématiquement.
Ca doit être gravé quelque part dans mes gènes... Mais enfin, vous imaginez que ce n'est pas le genre de remarques à lui dire ! Pour le rapport de stage, je suis à la bourre. Mais juste à la bourre... c'est à dire que je lui avais promis de lui envoyer par courrier mes écrits au cours de la 2ème ou 3ème semaine de janvier, et bon ben vous l'aurez deviné, niet, je n'ai rien fait. Oups, je me corrige, j'ai travaillé, mais je n'ai rien envoyé. D'où rouspetage de la prof. Logique. Mais flûte hein, on ne se refait pas !! Non mais on s'assume, me diriez-vous. Exact, c'est pourquoi hier soir, petit coup de cravache, hop hop, j'ai bien bossé et demain je lui envoie mon courrier ! Ce matin on l'a travaillé ensemble avec ma tutrice, donc j'ai déjà son avis (plutôt positif, ça remonte le moral !) et je sais quels modifs je dois faire. Je me suis prévue du temps pour ça demain. Yapuka !

Par contre, là où le bat blesse, c'est qu'au niveau mémoire, je suis vraiment, mais vraiment en retard. Pas qu'un peu. Hum hum. Ben oui, c'est comme ça. Ma prof de mémoire m'avait déjà fait la morale pendant la semaine de regroupement en janvier. Et m'avait fait promettre de la tenir au courant pendant le mois de janvier. Chose que je n'ai pas faite, bien entendu. Et elle, sûre qu'elle ne va pas me râter en mars, même si je lui envoie plein de messages en février ! Rooh, j'en ai déjà mal à la tête !! Bigre !!

En même temps, vous me direz, c'est ma faute. Certes, certes. On ne se refait pas... (Oui c'est facile et confortable de se planquer derrière les excuses toutes faites) (Et alors ?) (J'assume) (Na !).

 

 

Ceci étant dit, rien de palpitant à raconter.

Côté impôts, pas de nouvelles. Bonnes nouvelles ?


Côté santé, hum, chuis malade. Batard d'hiver ! Non, je reste polie, pardon ! Bref, moi qui ne suis jamais malade, qui suis habituellement la grande pêche incarnée, option sourire banane et rire con intégré, voilà-t'y-pas que depuis 2008 j'enchaîne crêve sur crêve. Pour tout vous dire, c'est la deuxième de l'année. Grrr... Et je suis souvent fatiguée, alors que le rythme du stage est quand même plus relax que pendant les cours... (Je me lève à 6h30 ou 7h, au lieu de 5h45 !!). Plus rien ne va... Du coup me voici transformée en réserve à Kleenex ambulante (pour info, je me mouche dans des mouchoirs Eco+, pas dans des kleenex)(peut-être est-ce pour ça que j'ai le nez tout irrité ?), avec une voix de film d'horreur, et l'ouïe au niveau le plus bas (déjà que je suis plutôt dure de la feuille en temps normal). Glamour...

Côté moral... Quel est le con qui a posé la question ?!! Sachant la tonne de boulot que j'ai pour ce week end... pff !! Quoique, je pense à l'instant que ce week end je serai en tête à tête avec Grande Soeur... donc finalement je serai heureuse d'avoir du boulot, because qui dit tête à tête juste avec elle, dit baston assurée !! Yeah !

Mais non sinon, tout va bien, demain soir je serai avec Soeur Aînée et Soeur Jumelle... et je ferai des cookies maison !!! Je n'ai jamais testé, ceci sera donc ma 1ère expérience en matière de cookies maison... je vous tiens au courant ! Si vous avez des trucs et astuces pour les réussir, c'est dans les comm' siouplait merci !

Mais j'écris, j'écris, et du coup je ne bosse pas... Heureusement que Chirac est là pour me rappeler à l'ordre !! ^^

 

 

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Pour ne pas changer...

 

Programme du week end : rapport de stage, mémoire.

Roohh, j'ai pas envie.... mais enfin je n'ai pas le choix. En semaine je n'arrive pas à travailler après le stage, et je suis suffisament en retard pour ne pas pouvoir me permettre de prendre du repos... alors que j'aimerais bien profiter du beau temps et de mes soeurs !!

Allez zou, on se motive et on y va !!

 

Sinon, à part ça aujourd'hui c'est l'anniversaire des 28 ans de mariage de mon Papa et ma Maman... (28 ans de mariage, ça me semble une éternité... !!). Ce sont leurs noces de nickel !

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Parlons sérieusement un petit peu. #4

 

Et moi dans tout ça ?

 

Moi, je suis en troisième année. Ce qui signifie qu'en juin, je passe mon écrit, en octobre je passe mes deux oraux, et après si tout se passe bien, je serai diplômée. Allez, courage, il faut y croire !

Je trouve mon stage très enrichissant. Depuis le début du stage, j'ai l'impression d'avoir appris  le triple de connaissances par rapport à en cours. C'est bien plus concret et c'est ça qui est bien.

 

J'ai déjà réalisé des entretiens individuels. La première fois, je me suis retrouvée face à un homme avec deux de tension. Donc c'était pas super parce que je devais lui poser mille questions pour avoir ne serait-ce qu'un petit bout de réponse. C'était juste pour faire un CV, donc en même temps, ça n'était pas un problème énorme. Là, j'étais dans l'assistanat, mais ça ne pouvait pas être autrement. A 30 ans, il est très couvert par sa mère, il a eu un divorce très difficile, il a été SDF quelques mois. Et si je ne faisais pas le CV pour lui, il ne le ferait pas, donc c'était justifié.

Le deuxième entretien, c'était une personne très bavarde. J'ai eu du mal à l'arrêter, à lui dire, c'est très bien votre vie, mais là en l'occurrence je m'en fous. Non, je rigole, il ne faut pas dire ça. Heureusement, j'ai du aller photocopier ses papiers, donc je l'ai interrompu. Ensuite, j'ai dû faire un premier entretien. Et là ça ne s'est pas franchement bien passé. Heureusement que ma tutrice était là, elle a finalement mené l'entretien, plus que moi. La personne parlait peu, il est arrivé très en retard, assez endormi, il sentait l'alcool et n'était pas motivé du tout. Je suis restée très proche de mon guide d'entretien. Alors que ma tutrice a laissé tomber le guide, pour vraiment suivre le parcours personnel de la personne. Elle a ainsi pu mieux cerner la personne que je ne l'aurais fait.

Sur le coup, je me suis sentie nulle de m'être aussi mal débrouillée. Et puis après on en a parlé un peu. Et je me suis remise en question (encore !), j'ai fait le point, et j'ai compris pourquoi ça n'allait pas. Je suis maintenant plus prête. Et je suis finalement contente que ça se soit passé ainsi, j'ai beaucoup appris.

J'essaye de ma placer en tant qu'accompagnatrice. Pas dans l'assistanat ou dans le trop éloigné. Mais c'est difficile à décider, pendant l'entretien, on fait ça un peu au feeling, comment on sens  la personne. Mais après, je me dis souvent, tiens j'aurais dû dire ça plutôt, je n'aurais pas du faire ça ainsi... Je suis en plein dans l'apprentissage... parfois c'est un peu frustrant, mais enfin il faut passer par là ! Je suis aussi contente de moi lorsque j'arrive à deviner une problématique, à la faire formuler à la personne ; c'est gratifiant de voir une personne ressortir de l'entretien avec le sourire, plus légère que lorsque elle était entrée.

 

 

Alors à côté, les études, c'est vraiment chiant. Je suis un peu vulgaire, pardon pardon, mais enfin je suis surtout honnête. On nous fait apprendre par cœur des lois, des cours très théoriques qui finalement ne nous servent concrètement pas à grand chose. Les cours ne nous apprendront jamais ce qu'est un entretien. Ce qu'on ressent, comment réagir, comment le mener, comment gérer le caractère de l'autre et le sien...

 

Diplômée, j'aimerais bien trouver un emploi dans le même genre de structure que là où je suis en stage, c'est à dire faire de la réinsertion, des suivis RMI, etc. Mais en même temps je suis aussi intéressée par l'animation, la prévention auprès de toutes sortes de publics. Mais ça c'est plutôt mon côté technicienne ESF, et il y beaucoup moins d'emploi dans ce domaine.

 

Mais je sais aussi que je ne ferai pas ce métier toute ma vie. Le travail social, c'est dur souvent. Et le risque est de tomber au bout d'un certain nombre d'années dans une sorte de désintérêt. C''est à dire que parfois on voit des situations de dingue, où les personnes ont des ennuis qui les submergent complètement. Et parfois on voit des situations plus banales, des personnes qui ont perdu leur emploi, qui aimeraient bien changer d'horizon professionnel mais ne savent pas trop vers quoi. Le risque est donc de considérer ces dernières personnes comme moins importantes, de les faire passer en dernière priorité dans notre travail. Et d'être un peu blasés par toutes ces problématiques, ne plus s'investir beaucoup.

 

Il faut savoir trouver son équilibre et savoir s'arrêter quand il faut. Quand on est jeunes, on s'investit un peu trop. Au bout d'un certain temps, on ne s'investit plus assez. Enfin, je dis ça, ce n'est pas une règle obligatoire. C'est quelque chose dont on nous parle, contre laquelle on nous met en garde, et que j'ai pu observer. Mais il y a aussi un tas de TS qui vont faire ce métier avec passion toute leur vie sans jamais se faire bouffer par leur profession.

 

Mais je me connais. J'aime bien changer aussi. Dans la vie j'ai besoin d'évolution. L'aspect positif de ce métier, c'est qu'en fonction de la structure qui nous embauche, le travail peut être très différent : la CAF, la MSA, une association pour SDF, référence RMI, dispositif ASE, relais assistantes maternelles, offices HLM... On peut donc faire une sorte de réorientation professionnelle, sans pour autant changer de métier...

 

Mais je suis aussi intéressée par l'enseignement. Etre prof est quelque chose qui m'a toujours attirée... Et, pour l'avoir vécu, je sais qu'il est extrêmement enrichissant d'avoir un prof qui a lui-même travaillé en tant que TS. Maintenant, le bac SMS a changé, mais lorsque j'y  étais, je trouvais plus intéressant une prof qui ponctuait son cours d'expérience réelles, concrètes, que la prof qui nous disait le cours du référentiel et basta. C'est d'ailleurs ces profs qui m'ont vraiment donné l'envie de devenir TS. Et je me dis, dans 15 ou 20 ans, je voudrais peut-être changer un peu de métier, pourquoi ne pas faire partager mon expérience avec des jeunes ? Je n'ai pas la prétention de vouloir faire naître des vocations, mais seulement ouvrir un peu les jeunes sur des aspects de la vie qu'ils n'imaginent pas toujours. Parler des problèmes des gens en général, leur montrer l'intérêt du respect dans une dimension concrète et ne pas en parler comme d'un concept abstrait.
Et puis à côté de ça, j'aime l'idée d'enseigner. Pas de faire cours, c'est une idée trop théâtrale dans laquelle le prof est l'élément principal autour duquel tout tourne. Mais enseigner, donner des notions inconnues aux élèves, leur ouvrir l'esprit, et les rendre acteur de leur scolarité, leur donner envie de savoir, d'apprendre, de découvrir, leur poser des questions et les amener à en poser d'autres, à vraiment approfondir leur connaissance sur un sujet, un domaine...

 

Je suis peut-être trop naïve. Je sais que je suis trop naïve, on me le dit.

J'ai envie de mettre ça sur le compte de mon manque d'expérience, ma jeunesse. Mais j'espère la garder, en partie au moins. Quel est l'intérêt de travailler, de donner un peu de sa personne, de se battre pour faire avancer les choses, si on n'y croit pas, ou plus ? Mais forcément, j'aurais mes désillusions... Non, je ne suis pas fataliste, je suis réaliste sur ce point !

 

Des désillusions, j'en ai déjà eu quelques unes. Je me rends compte de l'importance de la politique du département dans le travail social. On ne peut monter des aides financières que si le département prévoit une enveloppe pour ça, et aux conditions qu'elle prévoit. Par exemple, dans mon département, les aides au financement du permis de conduire ne peuvent se faire que si la personne est en emploi. Ça évite de financer des permis qui finalement ne vont pas changer grand chose pour la réinsertion professionnelle de la personne. Mais parfois ça s'avérerait nécessaire parce que la personne vit assez isolée. Tout a ses limites.

 

Le financement de la structure m'énerve un peu aussi. Un certain nombre de sorties emploi doit être réalisé. Ça oblige l'équipe à faire des changements de référents pour des personnes insuffisamment proches de l'emploi, alors que ces personnes auraient besoin d'un suivi stable, avec une même personne sur du long terme. Et puis ça fait un peu chantage, et ça met une pression supplémentaire sur le travail des TS. Toute l'année, on sait qu'il faut faire des sorties emploi, sinon le financement ne suivra pas et dans ce cas la structure ne pourra pas fonctionner.

 

Je crois que le point sur lequel il faut que je travaille le plus, c'est arriver à gérer l'entretien en fonction du caractère de l'autre. Je pense que je m'en sors bien au niveau de la distance que je mets entre la personne et moi, mais parfois je reste peut-être un peu trop en retrait si la personne ne se confie pas d'elle-même. Et comme le prouve la personne qui n'arrêtait pas de parler, je dois être plus maître de l'entretien. Dire stop quand il le faut. Poser les bonnes questions quand il le faut.

 

Allez, il me reste deux mois de stage pour apprendre tout ça !!

 

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